LE DÉFICIT D’ENGAGEMENT COMMUNAUTAIRE FACE À LA RÉSURGENCE D’ÉBOLA À N’ZÉRÉKORÉ (GUINÉE)
Publication Date : 31/08/2026
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Résumé :
De 2014 à 2021, la République de Guinée a été confrontée à une succession d’épidémies (Ébola, Marburg, Lassa, Poliomyélite, Rougeole) et à une pandémie (COVID-19). Entre 2014 et 2016, l’épidémie à virus Ébola, qui a fait de nombreuses victimes, avait pour épicentre initial la Guinée forestière. En février 2021, une nouvelle épidémie de maladie à virus Ébola est déclarée dans la sous-préfecture de Gouécké, située dans la préfecture de N’Zérékoré. Les premières investigations épidémiologiques ont identifié 7 cas confirmés, dont 3 décès. Deux semaines plus tard, les données de l’ANSS (2021, p. 3) faisaient état de 382 contacts identifiés, 5 nouveaux cas confirmés, 5 décès et 2 personnes guéries. Les activités de riposte déployées se sont heurtées à un faible engagement communautaire. L’objectif de la présente étude est d’analyser le déficit d’engagement communautaire lors de la résurgence d’Ébola dans la préfecture de N’Zérékoré. La méthode qualitative utilisée s’appuie sur des entretiens semi-directifs réalisés auprès des communautés, des acteurs gouvernementaux et des partenaires responsables de la riposte. Il ressort des résultats que de nombreuses rumeurs, alimentées par des systèmes de croyances différents, par la biomédecine, par des malentendus sociaux et par des problèmes de communication, ont contribué à la faible adhésion communautaire aux mesures préventives et de riposte. La majorité (60%) des réticences notifiées se situe au niveau familial contre 36% au niveau communautaire et 4% d’ordre individuel. Les déterminants socioculturels qui ont entravé la riposte sont les croyances autochtones et l’exploitation de la forêt comme source de vie.
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Mots clés:
Ébola ; résurgence ; engagement communautaire ; réticence ; déterminants socioculturels.
Abstract:
: From 2014 to 2021, the Republic of Guinea faced a series of epidemics (Ebola, Marburg, Lassa, Polio, Measles) and a pandemic (COVID-19). Between 2014 and 2016, the Ebola virus outbreak, which caused many victims, had its initial epicenter in Forest Guinea. In February 2021, a new Ebola virus outbreak was declared in the sub-prefecture of Gouécké, located in the N’Zérékoré prefecture. Early epidemiological investigations identified 7 confirmed cases, including 3 deaths. Two weeks later, ANSS data (2021, p. 3) reported 382 contacts identified, 5 new confirmed cases, 5 deaths, and 2 people recovered. The response activities that were deployed ran into low community engagement. The goal of this study is to analyze the lack of community engagement during the Ebola resurgence in N’Zérékoré prefecture. The qualitative method used relies on semi-structured interviews conducted with affected communities, government officials, and partners responsible for the response. The results show that many rumors, fueled by different belief systems, biomedicine, social misunderstandings, and communication problems, contributed to low community adherence to preventive and response measures. The majority (60%) of reported hesitations occurred at the family level, compared to 36% at the community level and 4% at the individual level. The socio-cultural factors that hindered the response include indigenous beliefs and the use of the forest as a source of livelihood. Keywords: Ebola; resurgence; community engagement; reluctance; sociocultural determinants.

