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Perspectives plurielles

GOUVERNANCE REBELLE DE 2002 À 2011 ET RECOURS À LA VIOLENCE DANS LES INTERACTIONS SOCIALES À BOUAKÉ DEPUIS 2011

Publication Date : 31/08/2026


Auteur(s) :

Boris Olivier GLODE.


Volume/Numéro :
Volume 2
,
Issue 4
(08 - 2026)



Résumé :

Le mode de fonctionnement du système politique en Côte d’Ivoire depuis les années 1990 est caractérisé par des conflits socio-politiques parfois très violents. La représentation sociale de la démocratie multipartiste chez les acteurs politiques ivoiriens et leurs militants les met dans des prises de positions tranchées, qui constituent l’une des principales sources de violences parfois armées. Ainsi, le coup d’État manqué du 19 septembre 2002 s’est transformé en rébellion qui a pris la ville de Bouaké pour siège. Cette ville a été victime d’une gouvernance rebelle pendant les dix années qu’a duré la rébellion. Ayant pour principal mode de fonctionnement et de résolution des problèmes la violence armée, cette gouvernance a laissé à Bouaké un vivier de prestataires de service de violence, dont les acteurs ne mobilisent que la violence dans toute sorte d’interactions. Pour ces catégories communément appelées « les démobilisés », « les chauffeurs de motos-taxis » et « les gens de la gare », déjà habituées à la violence armée, la détention d’armes à feu et la capacité à les manipuler sont une ressource socio-politique importante dans un environnement où ces acteurs ont le sentiment d’être trahis, rejetés et même sacrifiés. Cette réflexion, qui s’appuie sur une étude qualitative mobilisant des entretiens individuels et des focus groups, examine les mécanismes sociaux par lesquels la gouvernance rebelle a laissé en héritage un vivier de prestataires de violence à la ville de Bouaké.


No. de téléchargement :

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Mots clés:

gouvernance rebelle, recours à la violence, système politique ivoirien, sortie de conflit, Côte d’Ivoire.

Abstract:

The functioning of the political system in Côte d’Ivoire since the 1990s has been characterized by socio-political conflicts that have at times been extremely violent. The social perception of multiparty democracy among Ivorian political actors and their supporters leads them to take starkly opposing positions, one of the main sources of violence, sometimes armed. Thus, the failed coup of September 19, 2002, evolved into a rebellion that established Bouaké as its headquarters. The city was subjected to rebel governance for the ten years the rebellion lasted. With armed violence as its primary mode of operation and problem-solving mechanism, this governance left Bouaké with a pool of violence service providers whose members resort exclusively to violence in all kinds of interactions. For these groups, commonly referred to as “the demobilized”, “motorcycle taxi drivers” and “people at the bus station”, already accustomed to armed violence, the possession of firearms and the ability to handle them constitute an important socio-political resource in an environment where they feel betrayed, rejected and even sacrificed. Drawing on a qualitative study based on individual interviews and focus groups; this analysis examines the social mechanisms through which rebel governance has left behind a pool of violence providers in the city of Bouaké. Keywords: Rebel governance, use of violence, Ivorian political system, demobilized fighters, Côte d’Ivoire.