GENRE ET PERSONNES DÉPLACÉES INTERNES VIVANT HORS DES SITES OFFICIELS À OUAGADOUGOU AU BURKINA FASO
Publication Date : 31/08/2026
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Depuis 2015, le Burkina Faso est secoué par une crise sécuritaire qui a provoqué le déplacement de millions de personnes à l’intérieur du pays, notamment à Ouagadougou la capitale. Cet article s’intéresse à ces personnes déplacées internes (PDI) installées hors des sites officiels de cette ville. À partir d’une méthodologie qualitative combinant entretiens, observation et discussions collectives réalisés dans deux quartiers périphériques de la ville entre novembre 2024 et février 2025, la recherche met en lumière les stratégies d’adaptation et de survie développées par ces populations. En articulant la théorie des rapports sociaux de sexe et le capital social, l’étude montre que ces adaptations ouvrent parfois des marges de manœuvre, mais elles ne remettent pas fondamentalement en cause les rapports de domination qui structurent les relations entre les sexes. Les femmes occupent ainsi le rôle central dans la survie quotidienne, la gestion de la promiscuité et la reconstruction sociale, mais restent victimes des inégalités structurelles qui les maintiennent dans des situations de dépendance et de précarité. Les résultats montrent également que, lorsque les conditions le permettent, nombre de PDI effectuent un retour partiel en s’installant dans une ville proche de leur village d’origine, qu’elles ne peuvent encore rejoindre en raison de l’insécurité.
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Mots clés:
déplacement forcé ; rapports sociaux de sexe ; résilience ; Ouagadougou ; Burkina Faso.
Abstract:
Since 2015, Burkina Faso has been affected by a security crisis that has displaced millions of people within the country, particularly to Ouagadougou, the capital. This article focuses on internally displaced persons (IDPs) living outside the city’s official sites. Drawing on a qualitative methodology combining interviews, observation, and group discussions conducted in two peripheral neighbourhoods of the city between November 2024 and February 2025, the study highlights the adaptation and survival strategies developed by these populations. By combining the theory of gender relations with the concept of social capital, the study shows that these adaptations sometimes create room for manoeuvre, but do not fundamentally challenge the relations of domination that structure gender relations. Women thus play a central role in daily survival, managing overcrowded living conditions, and rebuilding social ties, yet they remain affected by structural inequalities that keep them in situations of dependency and precarity. The findings also show that, when conditions allow, many IDPs undertake a partial return by settling in a town close to their village of origin, which they are still unable to reach because of insecurity. Keywords: forced displacement; gender relations; resilience; Ouagadougou; Burkina Faso.

