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Perspectives plurielles

L’ÉCRITURE FÉMININE : ACTE DE SUBVERSION ET DE REFONDATION IDENTITAIRE DANS C’EST LE SOLEIL QUI M’A BRÛLÉE DE BEYALA ET LE BAOBAB FOU DE KEN BUGUL

Publication Date : 31/08/2026


Auteur(s) :

Kodjo TETEKPOR, Yélian Constant AGUESSY, Emmanuel Kofi-Botsoe NKONU.


Volume/Numéro :
Volume 2
,
Issue 3
(08 - 2026)



Résumé :

Dans le champ des littératures africaines francophones postcoloniales, la réécriture de la figure féminine demeure un enjeu central de la décolonisation des imaginaires. Cette contribution propose une lecture comparatiste de l’écriture féminine dans C’est le soleil qui m’a brûlée de Beyala et Le Baobab fou de Ken Bugul. Ainsi, comment ces deux romancières déconstruisent-elles les assignations patriarcales et coloniales pour refonder un sujet féminin souverain et construire une nouvelle identité ? L’étude s’appuie sur le féminisme postcolonial de Gayatri Spivak (2010), croisé avec les travaux d’Awa Thiam (1978) et d’Oyeronke Oyewumi (1997). L’analyse adopte une approche sociocritique. Loin de la figure de l’épouse soumise, les héroïnes de Beyala et Bugul opèrent une triple effraction : celle de la prise de conscience de l’aliénation, de la désobéissance aux assignations, et la refondation du sujet dans une identité autonome. Leurs stratégies sont complémentaires. Beyala pratique ‘l’incendie du code par la rage’, tandis que Bugul privilégie le ‘déplacement par l’errance ’. L’étude montre que ces deux poétiques convertissent la violence subie en pouvoir d’agir et, par l’écriture, fondent un nouveau régime de transmission au féminin.


No. de téléchargement :

0


Mots clés:

réécriture féminine, subversion, corps, identité, postcolonialisme

Abstract:

In the field of Francophone African literatures, the rewriting of the female subject remains central to the decolonization of imaginaries. This article offers a comparative of Calixthe Beyala’s ‘C’est le soleil qui m’a brulée’ and Ken Bugul’s ‘Le Baobab fou’. How do these two novelists deconstruct patriarchal and colonial ascriptions to refound a sovereign female subject and construct a new identity? The study is grounded in postcolonial feminism by Gayatri Spivak (2010) in dialogue with the work of Awa Thiam (1978) and Oyèronké Oyewumi (1997). It also adopts a sociocritical approach. Far from the figure of the submissive wife, Beyala and Bugul’s heroines enact a triple rupture: awareness of alienation, disobedience to ascriptions, and refoundation of the subject into an autonomous identity. Their strategies are complementary: Beyala enacts ‘the burning of the code through rage’, while Bugul privileges ‘displacement through wandering’. The study shows that these two poetics convert suffered violence into the power to act and, through literacy, found a new regime of transmission in the feminine. Keywords : feminine rewriting, subversion, body, identity, postcolonialism