FISCALITÉ SUR LES INTRANTS ZOOTECHNIQUES ET INSERTION SOCIO-ÉCONOMIQUE DES JEUNES RURAUX : ANALYSE DE L’IMPACT DE LA TVA DANS LA SOUS-PRÉFECTURE DE BOUAKÉ (CÔTE D’IVOIRE)
Publication Date : 30-04-2026
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En Côte d’Ivoire, l’application d’une Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) sur les intrants zootechniques, fixée à 18 % par la Loi de finances 2020 puis ramenée à 9 % en 2022, soulève la question de ses effets sur l’insertion économique des jeunes ruraux engagés dans l’élevage. Dans la sous-préfecture de Bouaké, où le chômage des 15-35 ans atteint 37,4 % (INS, 2021), cette mesure intervient dans un contexte de forte dépendance aux aliments importés et de faible capitalisation des exploitations juvéniles. La présente étude analyse l’impact de cette fiscalité sur les coûts de production, la rentabilité, les décisions d’investissement et l’emploi des jeunes éleveurs. La méthodologie repose sur une approche mixte : une enquête quantitative par questionnaire auprès de 217 jeunes éleveurs (18-40 ans) sélectionnés par sondage raisonné stratifié selon la filière, 18 entretiens semi-directifs avec des acteurs sectoriels, et une analyse comparative des marges avant et après TVA. Les résultats révèlent une hausse moyenne de 9 % des charges d’alimentation et une contraction des marges nettes de 31,2 %, atteignant 43,7 % en aviculture chair. Les intentions d’investissement à 12 mois ont chuté de 52 % à 21 %, tandis que l’emploi salarié dans l’échantillon a diminué de 31,5 %. L’étude conclut que la TVA, même réduite à 9 %, affaiblit le rôle de l’élevage comme levier d’insertion socio-économique et appelle à des mesures compensatoires ciblées (exonérations, fonds de garantie, structuration de filières d’intrants locaux).
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Mots clés:
Fiscalité agricole ; intrants zootechniques ; insertion socio-économique ; jeunesse rurale ; Bouaké.
Abstract:
In Côte d’Ivoire, the application of a Value Added Tax (VAT) on livestock inputs, set at 18% by the 2020 Finance Act and reduced to 9% in 2022, raises questions about its effects on the economic integration of rural youth engaged in animal husbandry. In the sub-prefecture of Bouaké, where unemployment among 15-35 year-olds reaches 37.4% (INS, 2021), this measure occurs in a context of high dependence on imported feed and low capitalization of youth-run farms. This study analyzes the impact of this taxation on production costs, profitability, investment decisions, and youth employment. The methodology relies on a mixed-methods approach: a quantitative survey of 217 young farmers (18-40 years old) selected through stratified purposive sampling by sector, 18 semi-structured interviews with sectoral stakeholders, and a comparative analysis of margins before and after VAT. The results reveal an average 9% increase in feed costs and a 31.2% contraction of net margins, reaching 43.7% in broiler farming. Twelve-month investment intentions dropped from 52% to 21%, while salaried employment in the sample fell by 31.5%. The study concludes that VAT, even reduced to 9%, weakens livestock farming’s role as a lever of socio-economic integration and calls for targeted compensatory measures (exemptions, guarantee funds, structuring of local input supply chains). Keywords: Agricultural taxation; livestock inputs; socio-economic integration; rural youth; Bouaké.

